“I’m very competitive. I’m not sitting back and passing the mantle. You’re going to have to rip it from my shoulders.”-Joan Rivers
Parler d'argent c'est nécessairement parler de culture entrepreneuriale. Au Québec tous les partis semblent s'être désormais mis d'accord sur cette question depuis
un bon moment déjà.
Sans parler des commentateurs politiques. Il y a eu Alain Dubuc et son éloge de la richesse, ou encore
Pauline Marois qui disait qu'il fallait désormais se
concentrer pour faire en
sorte que les Québécois
soient plus riches, un discours depuis repris par Pierre Karl Péladeau.
Mais la question était déjà dans l'actualité en juin 2011 alors que François Legault et Charles Sirois présentait la vision économique de
la Coalition pour
l'avenir du Québec,
laquelle n'était alors pas encore officiellement un parti. Legault rappela alors de façon intéressante qu' alors que aucune autre entreprise n'avait davantage investit au Québec que Alcan on avait laissé partir cette dernière sans faire d'efforts pour conserver ce siège social. Quand à Charles Sirois il évoqua l'importance des valeurs entrepreneuriales que sont par exemple la créativité , l'audace et la persévérance. Mais Legault fit bien de rappeler que la présence de sièges sociaux dans
une ville, c'est bien plus que ce seul siège social lui-même. Il rappela ainsi que les projets de développement se font souvent près des sièges sociaux, et que c'est aussi
près de ces mêmes
sièges sociaux que se
font souvent les grands
investissemnts et dons
de nature
philanthropique.
Or on oublie encore ici une donnée fondamentale lorsque l'on parle de cette fameuse culture entrepreneuriale. Comment peut -on en effet parler objectivement et de façon productive de celle-ci
, voire de tradition
philanthropique qui l'accompagne souvent, si on ne peut pas parler objectivement de traditions bien établies en ce domaine, à savoir celle des juifs. Le maire de Montréal Denis Coderre ne décrivait-il pas lors d'une cérémonie passé en mémoire de l'holocauste que les juifs étaient un «peuple de bâtisseurs?»
Historiquement les juifs en Amérique du Nord ont été derrière la création de plusieurs entreprises importantes. Sans compter Hollywood. Le documentaire Hollywoodism retrace d'ailleurs très bien cette histoire par laquelle un groupe d'immigrants juifs Européens se trouve à la base de la création de Hollywood. Mais il y a bien d'autre exemples; dans le domaine du textile en particulier: Il y a eu la compagnie de jeans Levi's qui fut au dix- neuvième siècle crée par l'immigrant juif du même nom. Puis la famille Fisher qui a elle crée la marque de vêtements Gap. On songe également à Calvin Klein, Donna Karan, Marc Jacobs, Issac Mizrahi ou Ralph Lauren de son vrai nom Ralph Lifschitz lequel décida à 16 ans d'opter pour le nom de Lauren convaincu que cela était alors nécessaire pour obtenir du succès. Aujourd'hui cette culture entrepreneuriale se poursuit dans le monde des nouvelles technologies. Qu'il s'agisse de Michael Dell fondateur de la compagnie du même nom ou encore de Sergey Brin un des co-fondateurs de Google. Enfin plus près de chez nous est-il besoin de rappeler que feu Ben Weider commença à créer son empire de produits et magazines de musculation à l'âge de 17 ans ici même à Montréal?
Dans son ouvrage passé intitulé Éloge de la Richesse Alain Dubuc écrivait qu'il fallait s’attaquer à un mythe bien enraciné qui consiste à croire qu’une société doit faire un choix entre la justice et la prospérité, qu’il est impossible d’avoir les deux en même temps, et que les progrès d’un côté se feront inévitablement au détriment de l’autre. Cette évidence a toujours été quelque chose qui va de soi dans le monde juif. Le don de la collection Napoléon de Ben Weider au Musée des beaux-Arts de Montréal a été possible parce que au départ la compagnie de produits de culturisme Weider a existé. Les multiples fondations du milliardaire Georges Soros (juif né en Hongrie) sont possibles pour des raisons similaires.
Au Québec on fait souvent état d'une absence de relève dans le monde des affaires. On évoque l'absence d'une culture entrepreneuriale. Or le problème est facile à cerner. Nous avons une conception de loin, beaucoup trop limitée de ce qu'est un entrepreneur. Comment peut-on en effet parler d'entreprendre sans parler des grands artistes du présent comme du passé? Picasso et Miro furent en terme d'efforts déployés et de travail acharné deux des plus grands entrepreneurs . Idem pour Andy Warhol ou aujourd'hui un Anish Kapoor.
Comment au Québec remédier au problème de la relève, et de façon plus précise à ce même problème parmi le Québec francophone? Très simple. La solution passe par l'étude sytématique de l'histoire de l'art. Car si celle-ci est un antidote éprouvé contre l'inculture de même qu' à une notion mal comprise d'utilitarisme, elle est également un parfait antidote à une certaine go-gauche sévissant trop souvent dans certains milieux. Que l'histoire de l'art ne soit pas un sujet obligatoire au secondaire et au Cégep relève en tout cas d'un manque de vision criant.
Car qu'est ce que cette même histoire de l'art? Le sujet le plus complet qui soit: On touche à des notions d'économie, des notions relatives au marché de l'art, à la chimie des matériaux, la littérature, la philosophie, la sociologie, le théâtre, la photographie, l'histoire mondiale des religions et j'en passe. D'ailleurs, l'étude des diverses religions via l'histoire de l'art offrirait une formation et une base de connaissances beaucoup plus solide que le cours actuel d'éthique et de culture religieuse.
Aux États-Unis on oublie souvent que Camille Paglia est d'abord et avant tout une historienne de l'art. On ne retient d'elle trop souvent que sa position auto- proclamée de féministe anti-féministe. Mais elle disait aussi un jour: «I want to promote the introduction of art history in primary schools and convince the général public that, even
in a period of economic crisis, arts funding is an absolute necessity at he federal, state and local levels».
Elle soutient également que dans l'histoire c'est le capitalisme moderne qui fait que les femmes n'ont jamais eu autant de choix qu'à n'importe quelle autre moment de l'histoire auparavant. De la même façon elle soutient que la renaissance du monde des arts aux ÉtatsUnis passe par un nouvel ancrage autour de la question religieuse. Que ce soit sous forme d'opposition ou non. À ce chapitre on ne peut que lui donner raison. Sans l'idée religieuse dans le décor, la vision à long terme nécessaire à toute véritable démarche entrepreneuriale, se trouve à être forcement incomplète et déficiente en terme d'envergure. Une chose que l'on tarde encore à comprendre en raison de notre manque de vision élargie dans le temps et la géographie que procure l'étude de l'histoire de l'art.
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