Wednesday, November 3, 2010

ARTS VISUELS




«Celui qui influe, celui qui est dans l’avant garde, celui qui voit et devine les problèmes avant les autres, celui qui, par l’un ou l’autre de ses membres, dans les domaines artistiques, intellectuels, philosophiques, politiques, financiers, est devant.»
Jacques Attali parlant des juifs


On le sait le monde des arts visuels est marqué par l'influence de la philanthropie juive. Mais il a été aussi marqué depuis plusieurs années par certains critiques importants tout comme par certains artistes. Dans la seconde moitié du vingtième siècle ce furent les critiques New Yorkais Clément Greenberg et Harold Rosenberg qui jouèrent une rôle promodial. Les théories entourant les arts visuels étaient alors nombreuses et vivement discutées.  À un tel point que cela inspira à une autre homme juif Tom Wolfe son cèlèbre petit ouvrge satirique «The painted Word» en 1975 et dans lequel il ironisait en se moquant un peu de toutes ces théoties tentant d'expliquer une oeuvre d'art et qui se présentaient alors comme des éléments préalables
incontournables à la compréhension d'une oeuvre donnée. Puis il y eut un autre homme juif: Henry Geldzahler conservateur d'art moderne au Metropolitan Museum of Art. Gay et plutôt intellectuel, il joua un rôle de première importance dans la carrière d'Andy Warhol en plus de compter parmi son cercle d'amis proches. Chaque soir avant de dormir comme chaque matin au lever, Warhol s'entretenait au téléphone avec lui. Beaucoup se sont d'ailleurs demandé si les deux avaient été intimes à un moment ou à un autre. Et que dire de la série des dix portraits de juifs intitulé «Ten Jewish Genius» de ce même Warhol. Des portraits et une série qui fut attaquée dans les années 1980 en étant alors taxée d'opportunisme crasse, mais dont on apprécie beaucoup mieux la valeur historique aujourd'hui, voire simplement l'esthétique. Comme ce meilleur portrait de la série, celui d'un Franz Kafka. Influent dans la carrière de Warhol fut aussi le marchand d'art juif Irving Blum. C'est ce dernier qui exposa le premier les fameuses boîtes de soupe Campbell de Warhol à sa gallerie de Los Angeles en 1962. Ce même Irving Blum qui disait un jour sous forme de boutade qu'il avait désormais le même âge que les artistes qu'il avait aidé à lancer mais que si ils étaient devenus plus célébres que lui, il était en revanche devenu plus riche qu'eux.

Aucun nom par ailleurs n'évoque mieux les liens étroits entre la philanthropie juive et le monde des arts que celui de Peggy Guggenheim. Celle qui professa toujours avoir été davantage intéressée par la littérature et être arrivée aux arts visuels un peu par accident n'en joua pas moins un rôle capital dans la promotion du surréalisme européen aux États-Unis puis dans la création de ce mouvement que l'on nomme l'expressionisme abstrait. Du côté de l'Angleterre, un autre patron des arts juif s'impose. Celui de Charles Saatchi. Cet ancien publicitaire est devenu l'un des collectionneurs les plus important et plus influent du pays en plus d'avoir promis de léguer cette même collection à l'Angleterre après son décès. Saatchi s'est entre autre rendu cèlèbre par cette habitude qu'il a de dénicher très tôt les futures valeurs montantes du marché de l'art alors que celles-ci ne sont même pas encore sous le radar. De même il se disait plutôt ravi de toute la spéculation ultérieure que cela avait pu entraîné a sa suite, affirmant que les artistes avaient besoin de beaucoup de collectionneurs et de toutes sortes de collectionneurs.

 Stephen Jarislowsky, grand investisseur boursier est chez nous un autre exemple d'un collectionner passionné qui sait qu'il faut avant tout être bien informé.  

Enfin on ne peut passer sous silence le rôle majeur que Léo Castelli a joué dans l'art du vingtième siècle. Il eût un rôle pivot dans tous les mouvements artistiques importants de l'après seconde guerre mondiale aux États-Unis. Tous les grands artistes lui furent associés d'une manière ou d'une autre: Robert Rauschenberg, Andy Warhol, Jasper Johns, Frank Stella, etc. Un simple survol de monde de l'art et de son marché permet donc de voir rapidement à quel point nous faisons fausse route lorsque pour parler de l'absence de philanthropie dans le monde de l'art parmi les Québécois dits de souche , on y oppose celle prétendue du monde anglo-saxon protestant. Certes il y a de grands collectionneurs et de grandes figures du monde protestant. Mais les exemples juifs sont en proportion beaucoup plus nombreux et ce encore aujourd'hui. Que ce soit Leonard Lauder héritier de l'empire des cosmétiques Estée Lauder associé au MOMA de New York , Elie Broad magnat juif américain de la finance associé au MOCA de Los Angeles ou encore deux des plus grands collectionneurs au monde que sont aujourd'hui le bijoutier juif de Londres Lawrence Graff, ou Roman Abramovich...

Si les collectionneurs juifs sont nombreux, on compte aussi certaines figures juives importantes parmi les artistes eux-mêmes; Marc Chagall, Modigliani, ou un Roy Lichtenstein par exemple.

Petit à petit le marché de l'art contemporain tente de se développer au Québec. Mais le bassin de collectionneures reste limité. Il y aurait quelques pistes de réfléxionà chercher du côté du monde juif. Mais surtout il a aurait un sérieux coup de barre à donner pour faire en sorte qu'un véritable cours d'histoire de l'art soit obligatoire à l'école. Je dis bien un cours d'histoire de l'art et non pas un cours de bricolage baignant dans la psychologie à gogo insipide de l'expression de soi sans sérieux bagage culturel préalable. 

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