Le monde des sports est intéressant du point de vue de la question identitaire. En quelque sorte on pourrait dire que le seule notion d'appartenance pouvant cadrer avec le climat de rectitude politique actuel présente la même élasticité que l'appartenance à telle ou telle équipe sportive. Une simple affaire ponctuelle variant selon les circonstances ou d'une journée à l'autre.
Mais le monde du sport nous rappelle également que la performance sur le terrain est parfois un bien meilleur moyen de faire valoir une cause que la revendication par des moyens politiques traditionnels. Encore là le Québec francophone dit de souche et le monde juif partagent des exemples communs. On affirme souvent que Maurice Richard (et la célèbre émeute du Forum en 1955) a été en quelque sorte un précurseur de la révolution tranquille et une figure sympolique importante pour le groupe canadien français d'alors. Or quelques années auparavant dans le monde juif, un certain Hank Greenberg s'illustrait avec les Tigers de Detroit en jouant ce rôle. Aujourd'hui plusieurs soutiennent que le performance de Greenberg sur le terrain à l'époque a fait plus pour combattre l'anti-sémitisme que n'importe quel discours traditionnel. Idem pour le lanceur Sandy Koufax autre joueur de baseball juif célèbre. Au Québec on parle souvent de redécouvir des pans de notre patrimoine oublié. Disons qu'il serait en tout cas capital de redécouvrir des pans entier de notre véritable culture populaire. À ce chapitre il est révélateur de constater que ce fut un Québécois d'origine juive Ben Weider, qui fut un des premier à le faire avec son ouvrage «Les hommes forts du Québec». Plus récemment le film sur la vie de Louis Cyr en 2013 fut quant à lui un bon pas dans cette direction. En plus d'être un succès du box office. De même pour l'avoir déjà fait, les immigrants adorent entendre des histoires de ce type, comme celle d'un Léo Robert né à Montréal et qui malgré ses 5 pieds 7" devint Mr America en 1955!
Le monde sportif est aussi instructif à bien d'autres égards. Pendant la saison 2011-2012 le congédiment de Jacques Martin et l'embauche de son successeur unilingue anglophone à la barre des Canadiens de Montréal fit beaucoup jaser. Comme le fait que peu de joueurs québécois se trouvaient alors présents au sein de l'équipe. Dépassé que tout cela? La rectitude politique voudrait nous faire croire que si, mais c'est en fait tout le contraire. Tout au long de l'histoire sportive passée et présente la capacité des fans de s'identifier à leurs sportifs favoris a recoupé une connotation ethnique. À un moment c'étaient Yao Ming ou Jeremy Lin, joueurs de basket chinois de la NBA qui fait vibrer les chinois de Houston ou New York et de partout ailleurs dans le monde. Dans les années 1930 c'étaient les boxeurs juifs et les boxeurs italiens qui faisant vibrer les juifs et les Italiens de la grosse pomme. Il y a quelques années Lucian Bute vedette québécoise de la boxe s'est aussi battu en Roumanie de façon à permettre aux Roumains d'encourager leur héros national également. Il n'y a dans tout cela rien de scandaleux.
Or le monde des sports et les héros sportifs québécois, c'est aussi la porte d'entrée par excellence pour faire connaître le Québec aux nouveaux immigrants. Un aspect trop souvent négligé comme le sont également notre faune ou notre flore locale. De la même façon que les cours d'histoire de l'art devraient être obligatoires à l'école, un cours de base sur les grands moments sportifs d'ici et d'ailleurs serait le bienvenue.
Au temps de l'Allemagne nazie ce fut le noir américain Jesse Owens qui fit voler en éclats les prétentions de Hitler et de la race aryenne supérieure.Aujourd'hui lors des Olympiques ce sont encore les athlètes noirs qui dans les derniers jours de compétition réduisent à néant les prétentions du gouvernent chinois sur la supériorité du groupe chinois ethnique Han, de loin le plus nombreux en Chine.
Vivement un cours obligatoire sur l'Histoire des sportifs d'ici et d'ailleurs. Les intersections d'un tel apprentissage sont trop multiples pour que l'on s'en passe encore longtemps. Et puis ne sait-on pas que encore une fois chez les juifs l'étude des textes religieux s'est mélangé souvent avec celles des statistiques du baseball au début du vingtième siècle aux États-Unis.
Vivement un cours obligatoire sur l'Histoire des sportifs d'ici et d'ailleurs. Les intersections d'un tel apprentissage sont trop multiples pour que l'on s'en passe encore longtemps. Et puis ne sait-on pas que encore une fois chez les juifs l'étude des textes religieux s'est mélangé souvent avec celles des statistiques du baseball au début du vingtième siècle aux États-Unis.
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