Saturday, October 30, 2010

IDENTITÉ QUÉBECOISE: CE QUE LES QUESTIONS IDENTITAIRES JUIVES ET MUSULMANES NOUS APPRENNENT


Poser les questions de l'identité et de la culture québécoise présente et passée sans parler du sens de ces mêmes mots pour les juifs et les musulmans est aujourd'hui un exercice forcément incomplet. Dans une entrevue passée avec Mario Dumont, l'auteure Djemila
Benhabib utilisait une définition
de la culture qu'on se devrait de
rappeler plus souvent lorsque l'on
 discute de cette denière, voire lorsque l'on discute de la notion d'identité au sens large: «Pour moi la définition d'une culture, c'est ce qui élève l'homme, c'est
ce qui élève la femme, et ce qui
fait réfléchir sur sa condition
d'être humain. Pour moi se
pavaner avec des tentes ambulantes, ce n'est pas la culture».

Parfaitement d'accord avec cela. Comme je suis d'accord que le fait de porter le voile est une façon d'affimer que l'on est défini avant tout par sa religion. Mais le hic c'est que une fois qu'on a dit cela, on ne changera rien. Car en effet, on a oublié une chose capitale. De plus en plus on ne pourra critiquer l'Islam, parce que ce dernier et plus précisément l'Islam politique, a compris que rien n'était plus efficace que de copier le concept d'Islamophobie
sur celui d'antisémistisme. Un
concept qui permet aujourd'hui en Occident et en Europe de faire
taire toute critique à son endroit,
même lorsque celle-ci peut
s'avérer justifiée.

En effet comment fait-on pour
affirmer qu'une femme voilée
 se ghettoïse si on ne peut pas le dire d'un juif hassidique? Comment fait-on pour dire qu'une femme voilée n'est pas bien intégrée à sa société si on ne peut pas évoquer l'absence quasi totale de contacts approfondis de la communauté juive hassidique avec les non juifs qui les entourent?

Mais comment ces notions identitaire juive et islamique éclairent celle de l'identité québécoise? De bien des façons.
On dit souvent de nos jours que toute notion d'identité autre que civique est complètement dépassée. Or cela est non seulement faux, mais de plus, c'est complètement le contraire de ce qui se passe vraiment dans les faits. Au Québec cela se traduit par cette affirmation sans cesse répétée que la souveraineté par exemple est quelque chose qui serait dépassée. Or le nombre de pays aux Nations-Unis n'est pas en diminution, mais bien plutôt le contraire. De même une question se pose. Si on dit d'une chose qu'elle est dépassée, alors cela veut dire qu'elle n'est plus à la mode non seulement pour ceux qui la désireraient éventuellement, mais bien également pour ceux qui la
possèdent maintenant. Or, où sont
 les sondages montrant que les
Italiens, les Grecs, les Suédois,
les Coréens ou les Chinois
souhaitent que l'idée même de
leur pays cessent d'exister? Évidemment, nulle part.

Mais le plus intéressant à constater, c'est de voir comment
cette affirmation selon laquelle
parler d'histoire, de culture ou encore d'identité nationale serait néfaste au bon roulement des fameuses «vraies affaires» n'est jamais remise en question à partir de l'exemple de la communauté juive. Facile à comprendre. Cette opposition simpliste s'avère alors absurde en moins de deux. Aux États-Unis Sheldon Aldelson est un magnat juif américain des casinos de Las Vegas. Il supporte le parti Républicain parce que ce dernier affiche un position plus résolument en faveur d'Israël que ne le font les démocrates. Sa conception de peuple juif comme pour bien d'autres juifs est toute sauf celle d'un peuple limité à un seul territoire donné.  Le peuple Israélien existe. Mais le peuple juif n'est pas que le peuple Israélien. De même on peut penser à tous ces autres grands philanthropes de la communauté juive qui organisent de activités afin de renforcer l'identité juive et la solidarité ver Israel parmi les jeunes juifs de la diaspora. Les vraies affaires ici encore précèdent les soit-disantes vraies affaires purement financières. or on constate aujourd'hui une tendance similaire du côté musulman. Aujour'hui avec la Oumma (la communauté des croyants ou la nation islamique) L'islam s'apparente de plus en plus non seulement à une identité religieuse, mais aussi à une sorte d'identité ethnique ou culturelle. Et cela a des conséquences mondiales grandissantes. Les juifs à quelques 17 millions de personnes à travers le monde ont toujours affirmé haut et fort que chaque juif est responsable de chaque juif. Aujourd'hui une identité islamique aux contours ethnique répond en écho que chaque musulman du monde entier est responsable de chaque enfant Palestinien ou de chaque musulman de la bande de Gaza. pendant ce temps combien de chrétiens ou de post catholiques Occidentaux étaient révoltés du sort des chrétiens aux mais des fondamentalistes islamiques? Pratiquement aucun appel à la solidarité chrétienne similaire à ceux des juifs et des musulmans.

Comment penser l'identité québécoise dans ce contexte? D'abord il faut prendre toute la mesure de l'effet d'avoir tourné le dos à la religion. Le premier effet a été de penser dans les années 1980 que parce que les québécois dits de souche avaient tourné le dos à l'église, il en allait de même dans le reste du monde. Rien n'était plus faux, évidemment. L'autre effet est une leçon capitale que nous apprend désormais l'immigration de masse au Québec. Dans les années 1970 les québécois francophones ont mis tous leurs oeufs identitaire dans le seul panier de la langue. Or, aujourd'hui au Québec, chaque immigrant nous rappele à sa façon que l'appartenance ethnique et/ou religieuse sera toujours un facteur identitaire plus important que celui de la langue. Avec tout ce que cela implique.

Mais aussi ce que la majorité des québécois dits de souche affirme, sans toujours bien l'exprimer, c'est un attachement culturel à une certaine tradition catholique. Or il nous faut aussi penser à l'avenir. Démographiquement les Québécois dits de souche ne seront pas plus nombreux proportionnellement dans le Québec de demain. Plutôt le contraire. Mais surtout il y a la révolution numérique. Avant la télé traditionnelle jouait le rôle d'élément unificateur pour le Québec d'il y a 50 ans. Ce n'est plus le cas. Or devant cette situation et l'immigration croissante, il est sidérant de voir que l'on se perd encore avec des débats stériles du type multiculturalisme versus inter culturalisme, alors que la solution se résume en une phrase simple: Participation toujours croissante des communautés culturelles à la vie culturelle québécoise francophone locale, ET à la francophonie. Plus que jamais le rôle de premier plan de chaque québécois doit être celui de passeur culturel.

Voici maintenant Stephen Harper s'exprimant à la Knesset (le parlement israélien) en janvier 2014: « Nous défendons l'existence d'un État libre, démocratique et distinctement juif». Lire cette phrase c'est  demander évidemment ce que bien être un «état distinctement juif.» Et par extension ce que serait un état ou une province distinctement québécoise?

Dans ce qui va vers un conflit grandissant entre les juifs et les musulmans, les Québécois sont en un sens le parfait exemple d'une société post chrétienne incapable de solidarité locale parce qu'incapable de toute solidarité religieuse à l'internationale. La solidarité juive avec les juifs du monde entier n'est plus à démontrer. Et aujourd'hui le monde musulman sit une trajectoire similaire. L'identié musulmane et devenue une identité religieuse ET ethnique au sens large. On voit bien quel est le véritable tabou aujourd'hui. Le christianisme s'est effondré à cause de son absence de solidarité ethnique, alors l'islam, et le judaïsme font tout le contraire

L'autre problème du débat sur l'identité québécoise est cette quasi absence totale de tentative de synthèse entre ce qu'a été cette identité, ce qu'elle est aujourd'hui, et quelle contours on souhaite lui donner à l'avenir. Que veulent les souverainistes? Que le Québec soit un pays. Or, ils font tout sauf parler des autres pays du monde pour expliquer, situer et définir leur projet!
De nos jours, on sait très bien que parler de la question identitaire c'est s'avancer en terrain miné. Les accusations ridicules de racisme et de repli sur soi ne sont jamais loin. En France Alain Finkielkraut a bien souligné cette tendance à
vouloir faire taire quelqu'un en le traitant de raciste. Il affirme haut et fort que l'anti-racisme est l'anti-communisme du vingt et unième siècle et que la rectitude politique fait des ravages lorsqu'il s'agit comme il le fait sur plusieurs tribunes, de rappeler qu'il y a bel et bien une identité française. Au Québec on a souvent du mal à bien saisir ce qu'est l'identité québécoise aujourd'hui. Mais surtout parce que nous refusons d'ancrer la question de la langue
avec non seulement celle de la
culture, mais de façon plus
importante encore, avec celle d'un
 peuple ayant  plus de 400 ans d'histoire en Amérique Nord. Au Québec la notion de peuple n'est d'ailleurs mise de l'avant que ponctuellement et dans un cadre politique. Jamais de façon permanente et sociologique. Pas étonnant qu' on se retrouve devant des situations
passablement absurdes. Ainsi lors
 du débat qui devait mener au
projet de loi légalisant l'accès à
certaines écoles passerelles, on
 entendit Pauline Marois parler
d'une offense à «notre langue».
 Or si on parle ainsi, il faut cesser
d'avoir peur du mot ethnique
comme si cela était un mot sale. Tous les pays du monde recoupent à la fois une notion ethnique et multiethnique. Lorsque en évoquant les pays du monde on dit qu'il y a les américains, les chinois, les japonais, les allemands, les Colombiens ou les Marocains on fait une ÉNUMÉRATION ETHNIQUE.  Et bien sur, à l'intérieur de tous ces pays ont y retrouve des gens qui y sont nés, qui y sont depuis plusieurs générations, d,autres qui y sont nouvellement arrivés etc. Cette dualité mutiethnique-ethnique n,est en rien contradictoire. Elle est l,essence de tous les pays actuels. Avoir peur des mots  ethnique e multiethniques comme si ils étaient des mots sales est une absurdité

De la même façon parler d'un «nous» ou référer à un
«notre langue» historique sans
pouvoir le définir est d'une
rectitude politique poussée
jusqu'à l'absurde. Mais encore
 plus important. La question nest
pas de savoir si il faut évoquer ou
 non ce fameux «nous». La
question est tout simplement de
comprendre que ce «nous» non
 défini est ce qu'il y a de plus
contre-productif auprès des
nouveaux immigrants, alors qu'en le mentionnant et en le reliant à une notion de peuple historique, il devient alors la meilleure façon d'instaurer un dialogue sain avec ces derniers. Car enfin, qu'est ce qu'un immigrant qui arrive au
Québec? Tout simplement
quelqu'un qui vient d'un pays ou
 existe une notion de groupe
majoritaire et de culture
historique. Depuis déjà
maintenant cinquante ans, l'on
 est incapable au Québec
 d'effectuer la synthèse des
notions passée, présente et future
 de ce fameux "nous». Ce n'est pas pourtant pas si compliqué. Chaque pays tel qu'il existe dans le monde a un passé, un présent et une vision pour se projeter dans l'avenir. Quand comprendra- t-on que ces trois éléments ne sont pas opposés mais complémentaires? 

Considérons encore ces propos d'Alain Finkielkraut sur les dérives causées par cette rectitude politique ambiante entourant la question identitiaire: « au lieu de se soucier de l’appauvrissement culturel de l’identité nationale, on
 s’acharne contre le concept
même d’identité nationale. Au
nom de la mémoire, bien sûr,
 mais il s’agit d’une mémoire
égarée. La référence à l’identité
nationale, dit-on, a nourri le
nationalisme, et le nationalisme a
 déchaîné le pire. Le mot d’ordre
est donc de se défaire de l’identité, au moins sous cette
forme extrême. Mais, face au
 risque du particularisme, on ne
peut plus tabler sur l’universel.
Le XXe siècle a été le siècle du
colonialisme : au nom des valeurs
 occidentales érigées en norme universelle, nous nous sommes crus en droit de dominer d’autres peuples. Le résultat, c’est la situation dans laquelle nous nous trouvons : d’un côté, rejet de tout ce qui ressemble, de près ou de loin, à l’identité française, séparation farouche de la question identitaire et de la question culturelle ; et, de l’autre, célébration effrénée des autres identités. Car l’identité est un thème à la mode pour peu qu’elle ne soit pas européenne et française.» Et de poursuivre: Pour un film de la collection « Empreintes », réalisé par Ilana Cicurel, je suis retourné dans l’école communale de mon enfance, rue des Récollets, à Paris. Il y trônait une carte du monde avec des photos d’élèves épinglées sur divers pays des continents africain et asiatique, avec cette légende : « Je suis fier de venir de… » Aujourd’hui, l’école célèbre la fierté de « venir de », et stigmatise la fierté d’être français». Difficile de ne pas voir une similitude frappante avec la situation telle qu'elle prévaut au Québec de nos jours. Il est de bon parfois pour faire chic parmi les Québécois francophones de dire qu'ils ne sont pas Québécois mais Montréalais. Ils oublient une donnée fondamentale. Le chinois de Montréal ou la femme portant le hijab ne se sentent pas d'abord Montréalais. Ils se sentent avant tout chinois ou musulmane.

Autre porfendeur juif des opposants de l'identité française, Eric Zemmour y va de propos que n'importe quel francophone dit de souche ne pourrait exprimer et qui pourtant s'avèrent fort pertinents. Depuis 30 ans les historiens ont décidé de détruire le roman national français. Ses ennemis le qualifient d'Eurocentriste». Puis Zemmour en rajoute ajoutant que «ceux qui n'ont pas le même passé ne veulent pas avoir un avenir commun» . Il affirme par ailleurs que depuis vingt ans les gouvernements de droite comme de gauche tergiversent sur la question. Comme il soutient d'ailleurs que le discours sur la nécessité de l'immigration vise à constituer une armée de réserve du capitalisme faisant pression sur les salaires. Enfin, il soutient qu'une alliance contre nature mais ponctuelle entre les gauchistes, les altermondialistes et les groupes anti raciste avec le grand patronat contribue de fait à aggraver cette situation. Il faut affirmer t-il, plaider pour le retour à une histoire sans repentance.

Aujourd'hui comment poser cette question de l'identité québécoise?. Et dans quelle mesure celle de la notion d'identité juive peut-elle l'éclairer? La communauté juive constitue un élément essentiel de la société québécoise depuis plus de deux siècles. Les Juifs inaugurent leur première synagogue à Montréal, la congrégation Shearith Israel, en 1768. Ce faisant, ils établirent la première communauté non chrétienne et non autochtone de ce qui allait bientôt devenir le Canada. Les membres de cette communauté étaient alors originaires de pays qui n’accordent pas aux Juifs la plupart des droits politiques et civiques. Dans les sociétés en développement d’Amérique du Nord, les restrictions juridiques imposées aux Juifs d’Europe apparaissent cependant moins pertinentes. À la fin du dix-huitième siècle, le Bas-Canada, ainsi que s’appelait alors le Québec, fait face à une controverse : les Chrétiens doivent-ils être les seuls à jouir de pleins droits politiques ou doit-on également accorder ces droits aux autres communautés, dont les Juifs? En 1832, l’Assemblée législative du Bas-Canada vote en faveur de l’émancipation politique des Juifs, ce qui fait du Québec le premier territoire de l’Empire britannique à adopter une telle loi, et ce, plus d’un quart de siècle avant l’Angleterre.

Dans un article passé du Devoir daté du 7 avril 2009 on pouvait lire un évènement important dans l'hitoire des relations entre la communauté juive et l'ensemble de la population québécoise. L’organisme représentant les quelque 93 000 Juifs québécois change de nom. « La communauté juive du Québec se voit comme québécoise », explique son nouveau président, le jeune avocat Adam Atlas. Le Congrès juif canadien, région du Québec, deviendra officiellement le Congrès juif québécois (CJQ) à compter du 1er juillet. L’avocat montréalais Adam Atlas occupera alors la présidence de l’organisme, selon les informations obtenues par Le Devoir. Me Atlas remplacera le Dr Victor Goldbloom, arrivé au terme de son mandat de deux ans.« Nous nous sommes dit qu’il était temps de couronner l’évolution des dernières années en portant un nom approprié, explique le président désigné, Adam Atlas, interviewé hier matin. La communauté juive du Québec se voit comme québécoise. Le gouvernement de Stephen Harper a reconnu officiellement la nation québécoise. La structure canadienne du Congrès juif a d’ailleurs donné son accord à ce changement de nom. En décembre 2010 le directeur exécutif du Congrès Juif Québécois Adam Atlan affirmait que le sécularisme était de facto de devenu la nouvelle religion au Québec.

Au fil des ans tous les premiers ministres du Québec qu'ils soient souverainistes ou non se sont tous senti un devoir de s'exprimer sur la question juive. Conscients sans doute qu'elle constitue un préalable obligé à toute réflexion
sur l'identité québécoise. Lucien
Bouchard, Premier ministre du Québec de 1996 à 2001."Il y a 55 ans, le rêve d'un État juif souverain devenait réalité. Au lendemain d'une hécatombe qui avait ensanglanté le 20e siècle, l'Organisation des Nations unies prit elle-même naissance dans un mouvement d'espoir planétaire. Par un de ses premiers votes d'importance, elle voulut poser un geste de paix et de justice, en permettant à un peuple qui venait d'échapper à l'annihilation de retourner au foyer de son identité première et d'y exercer son droit à l'autodétermination. Nous célébrons aujourd'hui un moment de grâce : la renaissance d'une nation, après deux millénaires de dispersion et de sévices, de fidélité et de courage. [...]Que les efforts des justes fassent en sorte qu'au bout de son long itinéraire de solidarité, d'épreuves et de courage, le peuple d'Israël puisse enfin goûter la paix et apporter sa pleine contribution à l'avancement des idéaux humains auxquels le voue sa destinée. Ainsi pourra se réaliser la réconciliation des enfants d'Abraham." — Lucien Bouchard, Discours de Lucien Bouchard à l'occasion du 55e anniversaire de l'État d'Israël, 7 mai 2003 [1]


" Bien que toute comparaison soit périlleuse, force est de constater que, entre le Québec et Israël, les analogies sont légion. Je n’en citerai que quelques-unes. Le célèbre historien Arnold Toynbee avait un jour écrit: « Après une catastrophe nucléaire, deux peuples survivront, les Chinois par leur nombre, les Canadiens français par leur obstination. » Cette farouche volonté de traverser les siècles n’est-elle pas commune à nos deux peuples? On retrouve, ici et là, ce besoin indescriptible d’être acteur et non plus spectateur de son propre destin. [...]Sur le plan symbolique, nos drapeaux ont la même couleur, et la fleur de lys a été pendant longtemps un des symboles juifs les plus utilisés. Cette identification du peuple d’Israël au lys est attestée sur une période d’un millénaire au moins [...] L’immigration a également profondément transformé le visage de nos deux sociétés, et les efforts de francisation du Québec trouvent un parallèle dans les oulpanims israéliens où l’hébreu est enseigné aux nouveaux venus. Autre exemple, avec des populations comparables sur le plan du nombre, un PNB à peu près équivalent, nos deux États se démarquent sur leur continent d’appartenance par l’importance accordée à l’économie du savoir."— Bernard Landry, Allocution du premier ministre du Québec, M. Bernard Landry, à l’occasion d’un déjeuner-causerie devant la communauté juive, 14 mai 2001


En juin 2011 Bernard Landry pour marquait les 25 ans du magazine Tribune Juive. L’ex-chef du Parti Québécois souligna alors l’“extraordinaire apport” des Juifs québécois à la société québécoise et leur “contribution notoire” au développement du Québec contemporain.“La Communauté juive a joué un très grand rôle dans le développement culturel, économique et social du Québec. Elle l’a joué de diverses façons. Pour les Ashkénazes, l’intégration a été un peu plus longue et un peu plus difficile. Reconnaissons-le. Je ne leur en fais pas le reproche. Je les comprends. Il y avait une difficulté linguistique au départ. Il y a eu aussi des considérations stratégiques. Mais pour les Sépharades, ça a été vite et bien. Leur intégration à la société québécoise a été extraordinairement réussie. Il faut construire dans cette voie, en dépit des déceptions et des incidents. Mais, pour poursuivre dans cette voie, il faut des instruments culturels profonds qui rapprochent tous les Québécois, comme le magazine Tribune Juive. Dans la vie nationale, malgré mon obsession économique, j’ai toujours pensé que la culture est souveraine, que la culture sauve et qu’elle passe avant l’économie. Stephen Harper le saura désormais jusqu’à la fin de ses jours.”L’économie est “un support indispensable pour la culture”. Mais, “la culture est salvatrice”, ajouta Bernard Landry.

Et de poursuivre: “Il y a des peuples malheureux qui ont vécu dans des régimes économiques insoutenables, je pense au communisme en particulier, qui était basé sur un idéal fantastique, mais qui a fini d’une façon désastreuse. Qu’est-ce qui a sauvé les pays communistes de la détresse et du chagrin le plus sombre? La culture. Au Québec, on n’a pas eu de malheur de ce genre, et en plus on a une culture vigoureuse, qui rayonne aujourd’hui dans le monde entier grâce à des artistes très talentueux, comme Céline Dion, et  des multinationales culturelles d’une grande ingéniosité, comme Le Cirque du Soleil. C’est tout ça le Québec d’aujourd’hui. Le Québec, c’est à la fois l’Europe et l’Amérique, mais c’est beaucoup plus que ça. Le Québec de cette première décade du XXIe siècle, c’est le monde entier qui converge chez nous pour construire ici un pays qui, je l’espère, sera exemplaire»

René Lévesque:"Le Québec moderne et dynamique d'aujourd'hui n'a pas été bâti que par les francophones, mais aussi par les autres groupes, et en particulier par la communauté très créatrice que sont les juifs."— René Lévesque, La Presse, 26 avril 1980; colligé dans l'oeuvre de Rémi Maillard René Lévesque, mot à mot, p.197


Puis les opinions en sens inverse: (Victor teboul sur Mordecai Richler) « Aux préjugés des Canadiens français, nous opposions nos propres préjugés, écrivait-il dans Rue Saint-Urbain. Si nombre d'entre eux étaient persuadés que les Juifs de la rue Saint-Urbain étaient secrètement riches, eh bien! le Canadien français typique était pour moi mâcheur de gomme et faible d'esprit. (…) Le crétin qui obligeait votre oncle à patienter à la Régie des alcools pendant qu'il essayait sans succès d'additionner trois nombres, c'était lui », ajoutait-il, à propos du stéréotype du Canadien français prévalant dans son milieu. Ce livre, paru en 1969, ne fit aucune vague. Avait-on bien lu ce court roman, pourtant publié en français dans la prestigieuse collection L'Arbre des éditions HMH, ou l'époque était-elle moins politiquement correcte? Les seuls Canadiens français dont il entendait parler -et qu'il admirait- étaient des athlètes : Maurice Richard, Dave Castilloux…Mais ceux qu'il détestait vraiment étaient les WASPS, « que nous craignions » précisait-il. Typique de l'époque, Richler se situait dans cet entre-deux, cet espace qu'occuperont ceux qui n'appartenaient pas aux deux peuples fondateurs du Canada. C'est cette situation, dans laquelle il se plaisait à toiser le groupe dominant, qui lui faisait adorer les athlètes canadiens-français. Car ceux-ci, écrivait-il, faisaient « une bouchée des lutteurs blonds d'origine anglo-saxon».

«La question identitaire au Québec aurait aussi intérêt à regarder du côté de l'histoire des immigrants juifs pour comprendre la multiplicité des réactions et changements . Au début du xxième siècle par exemple, beaucoup de juifs à Hollywood furent désireux de dissocier leur judisme religieux de leur identité juive notamment après avoir vu ce qui se passait en Russie. dans un sens leur nouvelle américainité ne pouvait s'accomoder désormais que d'un judiasme partiqué dans la shèpre privée. Aujourd'hui ce que dit la majorité des québécois francophones dits de souche c'est que bien que largement agnostique, elle veut faire plus ou moins de son passé religieux un passé culturel aux contours plus ou moins ethnique. Cette question identitaire risque fort de devenir de plus en plus présente, ici comme ailleurs. Au mois de décembre 2010 on pouvait lire sur le site du Bloc identitiaire que si il y avait 5 mosquées en France en 1965 il y en avait aujourd'hui 2100. « La France a un nouveau visage et il ressemble étrangement au mien. Il faut que ça rentre dans les cerveaux » disait un jour à cet égard le comédien Jamel Debouze. Mais au fait qu'est ce que cette identié québécoise dont on parle tant. Elle n'est nécessaierment pas ethnique, religieuse ou culturelle mais un peu tout cela à la fois jumulée à une connaissance de son histoire. Dans un sens, la définition d'un feu Pierre Falardeau est celle qui reste la meilleure. Un québécois c'est quelqu'un qui décide de l'être ou de le devenir. Je me rappele l'auteur d'origine vietnamienne Kin Thuy en entrevue . Comment elle relatait que son arrivée au Québec avait baigné dans un climat d'acceptation et à quel point elle disait se sentir 100% québécoise aujourd'hui. L'identité québécoise comme celle de tout autre pays aujourd'hui, c'est d'abord de cela dont il s'agit. Jean François Lisée faisait remarquer un jour qu'avec le temps, le nombre de gens s'identifiant d'abord comme Québécois plutôt que canadien avait évolué selon des proportions sensiblement égales à celle en faveur de l'indépendance du Québec. Ainsi se référant à une sondage sur cette même question du sentiment d'appartenance il notait qu'en 1980 40% des gens se disaient d'abord Québécois puis 50% dans les années 1990 et 60 % aujourd'hui.

Parfois l'humour peut offrir certaines pistes de réflexions. Plusieurs au Québec ont découvert le comédien Sugar sammy pour la première fois après que pendant un gala il fit usage d'un humour disons acerbe: Il y a deux sortes de Québécois. Il y a les Québécois éduqués, cultivés, bien élévés. Et il y a ceux qui ont voté oui». Plus tard lors d'une entrevue au Devoir il relatait ce qui suit au sujet de son expérience. Soit celle d'être un individu indien né à Montéal qui est à cheval sur plusieurs cultures et plusieurs langues: «Ça a été une expérience de vie unique. Aujourd'hui je sais qu'il ne faut pas chercher à nier la mondialisation ou en avoir peur. Il faut l'accepter être ouvert à toutes les cultures et les absorber. Cela nous donne des avantages sur le plan personnel, mais aussi dans plein d'autres domaines, la culture, les affaires, la politique». Personne n'est contre cela.

Faisons un bref retour en France avec les propos d'un Renaud Camus lors d'un entretien. «Pour que cela ait un sens d’être français, il faut qu’il y ait des étrangers. Mais vous savez que ce ne sont pas des catégories figées : l’Histoire montre qu’on peut devenir français alors qu’il est sans doute presque impossible de devenir japonais. Donc, notre première question est simple : qu’est-ce qu’être français? Cela a-t-il à voir avec l’ethnie (ou la race), la culture, le mode de vie, les droits, les devoirs? Autrement dit, peut-on « fabriquer des Français » avec n’importe qui ou y a-t-il, selon vous, des populations inassimilables?Toutes les populations sont inassimilables. Il en va de l’acculturation et de l’assimilation comme de l’éducation : elles ne peuvent pas faire l’économie de l’individu. Ce sont des hommes et des femmes et des enfants qui peuvent être assimilés au sein d’un peuple, pas des peuples, surtout quand ces peuples ont une forte réalité, une culture, une civilisation, une langue, une religion, une puissance en dehors de la nation censée les assimiler. Pourquoi se renonceraient-ils eux-mêmes? Deux éléments créent des Français et peuvent en créer encore : l’héritage (la naissance, l’ethnie, la race, les ancêtres, l’appartenance héréditaire) et le désir (la volonté, l’élection particulière, l’amour d’une culture, d’une civilisation, d’une langue, d’une littérature, des mœurs, des paysages). On peut certes être français par la culture, par Montaigne, par Proust, par Manet, par la montagne Sainte-Victoire, par le pain, par le vin, par la langue : encore faut-il les connaître et les aimer, et d’abord les désirer. Rien n’est plus éloigné de mon esprit que la provocation. Face à la réalité historique à laquelle nous sommes confrontés, il s’agit bien de cela! Il réfère au terme de contre colonisation) Mais si vous voulez, je veux bien dire « colonisation » tout court. Après tout, la Suisse, l’Autriche, la Suède n’ont jamais colonisé personne (enfin, pour le dire vite…), et ils ne sont guère moins colonisés à présent que la France. Le terme de « colonisation » est beaucoup plus adéquat à la situation actuelle qu’il ne l’est à l’ère dite « coloniale », pour laquelle il constitue une sorte d’abus de langage. Sauf en Algérie et bien avant cela au Canada, la France ne « colonisait » pas, au sens propre, et je ne le dis pas pour diminuer ses torts : elle conquérait, elle fondait un empire, elle ne transférait pas sa population. L’ère dite « coloniale », et que mieux vaudrait appeler « impériale » fut une brève parenthèse vite refermée. Tandis que la colonisation actuelle, dans l’autre sens, mérite bien mieux son nom, étymologiquement. Elle est d’ailleurs de conséquence mille fois plus grave, puisqu’elle implique ce que le parti de l’In-nocence appelle le « Grand Remplacement », d’une population par une ou plusieurs autres. C’est de très loin le phénomène le plus important de l’histoire contemporaine, et peut-être de toute l’histoire du territoire appelé France. Il ne s’agit pas, cette fois, pour le peuple colonisé, de perdre son indépendance un moment : il s’agit de disparaître, de s’effacer, de se dissoudre et même, par le biais des champions de l’antiracistisme, d’être persuadé qu’il n’a jamais existé, qu’il a rêvé son histoire et son existence même.»

Sarkozy en 2011: «Etat juif je ne sais pas ce que ça veut dire, état du peuple juif c'est déja plus intéressant. Je défends l'idée de deux états nations . Un état juif n'a pas de signification parce que un état n'est pas juif ou catholique. État du peuple juif c'est une discussion qu'on peut avoir mais État juif ça n'a pas beaucoup de sens" .

«Facal À l’extérieur du Québec, les anglophones y voient tout simplement le reflet de la nature fondamentale du pays. Il n’y a quelques juristes ou le député Yvon Godin pour s’en désoler.
De toute façon, le vérificateur Michael Ferguson avait exercé les mêmes fonctions pendant des années dans un Nouveau-Brunswick officiellement bilingue sans que personne grimpe aux rideaux.
Quant aux juges supposément bilingues de la Cour suprême, ils demandent souvent aux plaideurs francophones de ralentir le débit ou de recommencer, quand ces derniers ne choisissent pas tout simplement de parler en anglais pour s’assurer d’être vraiment compris.Le bilinguisme officiel était un fantasme de Pierre Trudeau conçu pour désamorcer la montée du nationalisme québécois, mais la greffe n’a jamais vraiment pris dans la réalité sociologique canadienne, ni même dans la fonction publique fédérale. Au contraire, le bilinguisme officiel a même alimenté le ressentiment anti-francophone. Plus le nombre de Canadiens nés à l’étranger augmentera, plus il sera difficile de justifier le maintien d’un bilinguisme de façade aussi en porte-à-faux avec la réalité concrète. Après tout, se disent les immigrants, nous n’exigeons pas que notre langue d’origine soit présente partout. Pourquoi un privilège pour les francophones ? Parce qu’ils étaient là avant nous ?
Où est-ce que je veux en venir ? C’est brutalement simple, mon ami.Si les Québécois voulaient un vrai statut national, avec des conséquences concrètes, avec tous les droits, devoirs, responsabilités et prérogatives qui viennent avec, il fallait faire la souveraineté et devenir un vrai pays, avec ses bons et ses mauvais côtés.Deux fois, nous avons dit non. Très bien, nous avons choisi, et ce choix entraîne des conséquences qui nous rattrapent aujourd’hui. Pourquoi le Canada anglais se soucierait-il de l’avenir des francophones si ceux-ci ne le font pas eux-mêmes ? À leur place, nous ferions exactement pareil. (Joseph Facal 7 dec 2011)








Mathieu Bock-Côté


10 ans plus tard, l’affaire Michaud refait surface. Rappelons les faits : le 14 décembre 2000, à la stupéfaction générale, l’Assemblée nationale votait à l’unanimité une motion de blâme condamnant Yves Michaud et les propos apparemment « inacceptables » qu’il aurait tenus envers les communautés culturelles et la communauté juive.
Propos « inacceptables »? Lesquels? On ne l’a jamais su, et les parlementaires qui les ont condamnés non plus, comme l’a démontré l’historien Gaston Deschênes, dans L’affaire Michaud, un ouvrage récemment publié au Septentrion.
Pour comprendre l’Affaire Michaud, il faut revenir sur le contexte politique qui s’est installé après le référendum de 1995. On s’en souvient, traumatisés par la déclaration de Jacques Parizeau sur les votes ethniques, les souverainistes cherchèrent à conformer leur discours à la rectitude politique la plus radicale. C’était l’heure du « nationalisme civique ». La langue, l’histoire, la culture, tout devait être sacrifié pour javelliser le souverainisme.
L’ennemi à abattre? Un « nationalisme ethnique » fantasmatique dont Yves Michaud fut transformé en représentant simplement parce qu’il souhaitait un renforcement de la loi 101 à un moment où l’alibi de la « paix linguistique » confortait ceux qui n’avaient plus le courage ou la lucidité de défendre la langue française. L’Assemblée nationale, gardienne de nos libertés démocratiques, a cautionné une purge idéologique. (Mathieu Bock Côté 24 heures 16 dec 2010)

On pourrait dire que les Québécois souhaitent avoir ce que Sarkozy disait un jour de l'islam. Un islam de france et non pas un Islam en France.Selon les données statistiques disponibles, "le territoire de la Ville de Montréal compte environ 1,6 million de personnes, dont une centaine de communautés issues de l’immigration. Entre 1995 et 2004, près de 180 000 nouveaux arrivants provenant de plus de 115 pays se sont établis à Montréal, soit 67,3 % de l'ensemble des immigrants admis au Québec.  42,4 % de la population immigrante sont de confession catholique romaine, 12.4 % musulmane, 10,4 % protestante, 7,3 % orthodoxe, 5,5 % juive et 4,6 % bouddhiste".

QUÉBEC -(Automne 2010 Les «vieux démons» du «nationalisme ethnique» reviennent hanter le Parti québécois.C'est ce que soutient le leader parlementaire du gouvernement, Jean-Marc Fournier.Il a déploré, vendredi, le refus de l'opposition de débattre d'une motion visant à réhabiliter l'ancien parlementaire et diplomate Yves Michaud. Selon M. Fournier, le PQ est incapable «d'exprimer haut et fort» que «tous les Québécois ont le droit de faire leur choix démocratique sans qu'on les traite de traîtres».
C'est en fait un débat qui ressurgit à l'Assemblée nationale 10 ans après les faits. En 2000, une motion adoptée à l'unanimité avait dénoncé les propos de M. Michaud, jugés offensants pour la communauté juive.
M. Michaud avait alors qualifié l'organisme juif B'nai Brith de «phalange extrémiste du sionisme mondial», en plus d'avoir évoqué que les Juifs n'avaient pas le monopole de la souffrance dans le monde.
Le député Amir Khadir, de Québec solidaire, a voulu réhabiliter M. Michaud en déposant vendredi une motion qui corrigerait l'«erreur» de la condamnation unanime par l'Assemblée nationale.
L'opposition péquiste a toutefois refusé son consentement à en débattre. Le PQ a plutôt soumis par lettre au président de l'Assemblée nationale un mécanisme qui permettrait d'entendre toute personne ou organisme qui fait l'objet d'une motion de blâme.En conférence de presse, M. Khadir estime que M. Michaud demande simplement de «reconnaître l'erreur» et «l'injustice» dont il a été victime en lui prêtant des «propos injurieux» qu'il n'a pas tenus.Nullement offensé par le refus du PQ, il juge que le parti souverainiste «cherche un moyen honorable de satisfaire la demande légitime de M. Michaud».Mais c'est bien pire, au dire M. Fournier, qui affirmait qu'il était prête à vider le débat et que «les propos qui étaient inacceptables en 2000 le sont toujours aujourd'hui».Selon lui, les déclarations de M. Michaud s'apparentaient à la tirade de l'ancien premier ministre Jacques Parizeau sur l'argent et le vote ethnique le soir du référendum de 1995.«Les vieux démons du nationalisme ethnique viennent encore hanter le Parti québécois, a-t-il dit en conférence de presse. Il faut se rappeler que Lucien Bouchard (le premier ministre de l'époque) a dit à propos des déclarations de M. Michaud, combien il ne voulait pas qu'on pèse le vote des Québécois selon l'option qu'ils choisissaient.»
M. Fournier a rappelé que M. Michaud ne voulait pas retirer un mot de ce qu'il avait affirmé concernant le B'nai Brith, qui était constitué selon lui d'«extrémistes anti-Québécois et anti-souverainistes».

QUÉBEC, le 6 déc 2010 /CNW Telbec/ - Qu'ont en commun la carrière politique de René Lévesque, le boulevard Saint-Laurent, le galeriste Max Stern et la littérature yiddish montréalaise ? Tous ces thèmes sont l'occasion de découvrir et de mieux connaître l'identité juive au Québec telle qu'elle est apparue au cours du XXe siècle, à la faveur de différents contextes culturels et historiques. Pierre Anctil est le spécialiste québécois des communautés juives. Les textes ici rassemblés font écho à la vitalité de ces communautés tout en suivant leur lente mais sereine intégration à la société québécoise.

Dominique Strauss Kahn:"je me lève chaque matin en pensant à ce que je peux faire pour Israel»


Trajectoires juives au Québec
Pierre Anctil

Quelle conclusion tirer de tout cela. Premièrement se débarrasser de l'idée que le mot ethnique serait en soit un mot sale ce qui est une absurdité.  De tout simplement énumérer les peuples du monde actuel, c'est d'ailleurs faire une énumération ethnique. Il y a les chinois, les japonais, les russes, les Colombiens, etc. Le reste se fait selon une myriade de modalités dans le monde.

Second: comprendre de façon urgente que tous les pas du monde actuel ont un passé, un présent très différent et une façon de se projetr dans l'avenir qui leur est propre. Ces trois éléments doivent constamment cohabiter, ils sont la définition même de ce qu'est un pays. Mais surtout comprendre ce que le fat que l'identité juive soit non seulement religieuse, mais culturelle, historique et ethnique signifie du pont de vue de la question identitaire. le peuple juif a le droit  de vouloir continuer à exister selon ces quatres critères. Le peuple québécois a alors lui le droit de se définir selon deux de ces critères en étant essentiellement une société post religieuse avec la langue française comme porte d'entrée de sa culture passée, présente et future. Si le québec existe comme peuple c,est une donnée sociologique qui doit cesser de n'être rappelée que dans le contexte de discussions sur l statu politique. C,est une donnée qui doit être constamment rappelée aux nouveaux arrivants pauisqu'il s'agit aussi vu de leur pays d'origine de la modalité dont ils veulent que les choses se déroulent.


Comment cette notion d'identité québécoise évolue-t-elle? Mais surtout comment devrait-elle évoluer. Un évènement intéressant de ce point de vue fut le lancement de la campagne de PKP en décembre 2014. L'idée de filiation avec le passé et les ancêtres y était marquée. De même qu'une notion d'identité définie en ces termes: Une langue, une culture, des institutions, un territoire et des valeurs. C'était un pas dans la bonne direction. Car le propre de tous les pays du monde. De même il parla de ces noms du monde des affaires desquels les québécois devraient s'inspirer: son père, les Jean Coutu, Alain Bouchard, etc.

Enfin poser la question de l'identité québécoise c'est par ricochet parler de la question de la langue. Mais surtout de ses limites en tant que référant identitiaire. Avant la création d'iseran en 1948 les juifs parlaient déjà une multitude de langues. l'anglais, le français, l'allemand, le russe, etc. Tous ces juifs auraient dit que la langue était une composante de leur identité mais aucun ne dirait que cela constitue toute son identité. Pensons de même à la situation en France. le confit est croissant entre les français de souche et les musulmans se rapprochant d'une lecture littéralité de l'islam. Au point d'être aujourd'hui aux antipodes. Or ces musulmans même les plus radicaux parlent le français. Comment le Québec a-t-il pu mettre tous ces oeufs identitaires dans le seul panier de la langue, alors qu'aujourd'hui son immigration lui rappelé d'une foule de manière que cela ne suffit pas? Simple. Au moment d'adopter cette vision des hoses dans les années 1970 et 1980 les Québcois ne se rendaient pas compte que cela était possible dans une société relativement homogène comme celle d,alors. Comme si on n'avait pas conceptualiser cette démarche dans la société d'alors.

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