On fait souvent état encore aujourd'hui au Québec de l'absence d'une solide tradition philanthropique parmi les québécois dit de souche. Or on fait souvent l'erreur d'opposer celle-ci au seul monde anglo-saxon protestant en oubliant de préciser que c'est plutôt la tradition philanthropique juive qui doit servir d'exemple préalable pour discuter de cette question. Et dans ce cas, difficile de trouver un meilleur exemple que celui de Ben Weider. Juif québécois ayant bati un empire des produits de culture physique, il a légué sa collection d'objets de Napoléon au Musée des Beaux Arts de Montréal à sa mort en 2008. Et il est loin d'être le seul. La tradition de philantropie juive à l'égard des musées d'art est remarquable et se poursuit encore aujourd'hui. Par exemple en 2010 le couple Fisher de San Francisco (Fondateur des magasins GAP) léguait plus de 1000 oeuvres d'art au musée de cette ville dont les plus grands noms artistiques tels Warhol ou Calder. Idem en Angleterre alors que Charles Saatchi s'engageait en cette même année 2010 à léguer sa collection complète à un musée anglais. Enfin pensons chez nous à cet autre couple juif, Michal et Renata Hornstein qui firent en 2012, don d'une impressionante collection d'art flamand au Musée des Beaux-Arts de Montréal.
Or, si on veut développer une grande tradition philanthropique parmi les Québécois, il faudra d'abord améliorer grandement la qualité de l'éducation artistique et cesser de confiner l'enseignement de l'histoire de l'art à quelques facultés universitaires. C'est dans tout ce débat, l'élément le plus important. Mais il faudra également cesser d'esquiver quelques questions. Dont la suivante: dans quelle mesure le rejet massif du passé par les Québécois dits de souche est t-il tributaire de cette impulsion philanthropique moindre? Car il faut bien le dire, à la source de ces nombreux dons de la part d'individus juifs à des musées se trouve le désir de redonner à la ville qui les a jadis accueillie et ce, qu'il s'agisse de Montréal ou d'une autre ville à travers le monde. De même pour la communauté juive l'idée de redonner à sa propre communauté comme à l'ensemble de la population a un fondement qui n'est pas sans rapport avec la religion. Or si les Québécois dits de souche sont eux complètement coupés de leur passé religieux, voire simplement de leurs références historiques ou culturelles majeures, ou trouveront-ils alors cette inspiration pour développer une grande tradition philanthropique?
Pour avoir une tradition philanthropique forte parmi les Québécois francophones, il faudra également continuer à multiplier les liens entre le monde des arts visuels et celui des médias de masse. Aux États-Unis dans les années 1960 Andy Warhol et Roy Lichtenstein firent la couverture... du TV Guide! Idem pour Salvador Dali en 1968. Robert Rauscheberg a quant à lui fait de nombreuses couvertures pour Times magazine. Pourquoi y a t-il si peu de couvertures de magazines d'ici fait par de grands artistes québécois du monde des arts visuels par exemple? Pourquoi si peu d'interactions entre le monde des arts visuels et celui des médias de masse au Québec? Ou plutôt, pourquoi en parle t-on aussi peu? Aux États-Unis Jeff Koons a réalisé une pochette d'album pour Lady Gaga. En France les artiste Pierre & Gilles ont réalisé la couverture d'un magazine avec Stromae, etc. Il faut que ce genre d'interaction se produise de façon beaucoup plus marquée et récurrente au
Québec. Et surtout qu'on parle davantage de ce qui se fait ou s'est déjà fait à ce chapitre.
Par ailleurs, on ne cesse de répéter que Montréal et le Québec regorge de créativité. Or, il faudra également que cette même créativité soit de plus en plus en lien avec l'idée de fortes institutions culturelles permanentes qui rayonnent à travers le monde. Partout se nouvel enjeu est présent. La construction de musées de toutes sortes a connu un développement fulgurant en Chine et le Moyen Orient se met à l'heure du marché de l'art. Heureusement à ce chapitre le MBA semble montrer la voie depuis quelques années. C'est malheureusement un cas encore trop isolé.
L'ignorance du Québécois moyen voire son mépris pour l'histoire de l'art a assez duré. Il est temps que cela cesse. Il en va d'une question culturelle et économique à la fois.
Québec. Et surtout qu'on parle davantage de ce qui se fait ou s'est déjà fait à ce chapitre.
Par ailleurs, on ne cesse de répéter que Montréal et le Québec regorge de créativité. Or, il faudra également que cette même créativité soit de plus en plus en lien avec l'idée de fortes institutions culturelles permanentes qui rayonnent à travers le monde. Partout se nouvel enjeu est présent. La construction de musées de toutes sortes a connu un développement fulgurant en Chine et le Moyen Orient se met à l'heure du marché de l'art. Heureusement à ce chapitre le MBA semble montrer la voie depuis quelques années. C'est malheureusement un cas encore trop isolé.
L'ignorance du Québécois moyen voire son mépris pour l'histoire de l'art a assez duré. Il est temps que cela cesse. Il en va d'une question culturelle et économique à la fois.
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